« Le paysage, un souvenir lointain »
Dans ma série « Le paysage, un souvenir lointain », je plonge dans la dynamique fragile entre l’homme et la nature, interrogeant la nostalgie de leur ancienne harmonie. l’Homme et la Nature sont-ils encore en osmose ou cette osmose n’est – elle plus qu’un lointain souvenir ? A la vitesse de la lumière, la Nature semble se détacher de l’Homme. Entre les deux, le lien semble rompu, la relation n’est plus qu’apparence. ll ne reste à l’Homme que de lointains souvenirs de ce Paradis Perdu.
Mes inspirations viennent de la profondeur mélancolique des paysages de Gustav David Friedrich, des ciels changeants de John Constable, et des ambiances lumineuses de William Turner. L’influence du peintre chinois Shitao, avec sa vision que les montagnes et les rivières attendent nos coups de pinceau pour prendre vie, guide également ma démarche.
Ce n’est pas simplement une série d’images, mais plutôt le reflet de mon parcours des dernières années. Je me concentre principalement sur des scènes maritimes aux teintes bleutées ou aux ambiances de crépuscule, où je cherche à capturer une nature presque onirique. C’est un univers où le réalisme se dissout au profit du symbolisme. La présence humaine, suggérée par un bateau solitaire ou une cabane isolée, frôle l’effacement, renforçant ainsi l’idée d’un rêve évanoui.
Dans ces paysages, je mets en scène la vulnérabilité de la nature et l’isole- ment de l’homme, en écho à la poésie de Stéphane Mallarmé, dont l’œuvre évoque l’inaccessibilité du réel et l’aspiration à une harmonie fragile. À travers mes compositions, je cherche à encourager une méditation sur la possibilité de renouer avec cette harmonie oubliée, tout en confrontant la solitude humaine à un monde qui semble à la fois étrange et familier, comme dans les vers de Mallarmé où le silence et le vide portent un sens profond.
‘Un Ennui, désolé par les cruels espoirs’ ‘Fuir là bas! Fuir’
2024 Huile sur toile 45 x 55 cm |